EXPOSITION DES MEMBRES

GALERIE CANESSO

Evaristo Baschenis (Bergame, 1617-1677) Le triomphe des instruments de musique dans la peinture du XVIIe siècle

À presque plus d’un siècle de sa redécouverte et après les expositions anthologiques de Bergame (Accademia Carrara, 1996) et de New York (Metropolitan Museum of Art, 2000), Evaristo Baschenis (Bergame, 1617-1677) est présenté pour la première fois au public français avec un groupe d’œuvres restreint (neuf tableaux) qui documentent sa production sur le thème de la musique, celle-là même qui de son vivant déjà lui a procuré gloire et renommée.
Inventeur d’une iconographie aimée aussi bien des amateurs d’art que de ceux de la musique, Baschenis a anobli le genre de la nature morte en élevant ces précieux instruments de la lutherie italienne des ateliers renommés de Brescia, Crémone, Padoue et Venise au rang de protagonistes absolus. Son admiration pour ces merveilleux objets d’artisanat se déduit de son absolue fidélité avec laquelle il en tire des portraits « dal vero », en un jeu musical sophistiqué de formes et de couleurs, enchâssés de précieux rideaux comme sur la scène d’un théâtre personnel. Un dévouement qui transparait aussi dans la signature que le peintre-musicien, avec une invention typiquement baroque, appose sur les instruments en insinuant le doute qu’il ne les a pas seulement peints mais aussi construits, à l’imitation de ses chers luthiers : Hartung, Gasparo da Salò, Tieffenbrucker, Sellas.
Dans l’immobilité magique de ses compositions, dans le voile de poussière qui recouvre certains instruments, on perçoit le sens de l’attente, comme une méditation métaphysique sur le monde, dans le silence d’un temps suspendu.

Les études entreprises à l’occasion de l’exposition ont permis d’identifier, sur la partition de l’un des tableaux (n° 4 du catalogue) un célèbre madrigal du musicien flamand Roland de Lassus (Mons, 1532 – Munich (Bavière), 1594), sur les vers du sonnet CLIX du "Chansonnier" de Francesco Petrarca (1304-1374). Un fait rare dans la production picturale du temps, et à vrai dire unique dans le corpus de Baschenis, car la critique considérait jusqu’alors que les partitions musicales étaient de pure fantaisie ; dans le même temps cette découverte apporte une confirmation de la renommée de Pétrarque qui se poursuit encore au XVIIe siècle.
L’importance de l’initiative promue par la galerie Canesso, en collaboration avec l'Accademia Carrara de Bergame et le Museo Teatrale della Scala di Milan qui prêtent chacune une œuvre, est attestée par la haute qualité des œuvres exposées - parmi lesquelles brillent tout particulièrement les grandes toiles du Triptyque Agliardi (1665 c.), chefs d’œuvre absolus de l’artiste - qui viendront dialoguer dans l’exposition avec des instruments anciens parmi lesquels se trouvent une Épinette de Graziado Antegnati (1523/1525-vers 1590), un Théorbe romain de Giovanni Tesler (actif à Ancône entre 1600 et 1650), une Guitare de Giorgio Sellas (vers 1585-1649), un Violon de Nicolò Amati (1596-1682), une Mandoline attribuée à Giacomo Ertel (vers 1646-1711).

L’exposition bénéficie du patronage de l’Ambassade d’Italie.

Catalogue : "Evaristo Baschenis (1617-1677). Le triomphe des instruments de musique dans la peinture du XVIIe siècle", Enrico De Pascale (dir.), Paris, Galerie Canesso, 2022, disponible en septembre.

Du 06/10/2022 au10/12/2022

11h-18h30

Du 06/10/2022 au10/12/2022

Galerie Canesso Paris, 26 rue Laffitte, 75009 Paris