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Lundi 6 juin 2011 L’ISF sur les œuvres d’art : une aberration culturelle et économique
Les galeries d’art, les antiquaires et les maisons de ventes aux enchères publiques, se sont unies pour dénoncer les dangers qu’entraînerait l’introduction des œuvres d’art dans l’assiette de l’ISF.
Ces dangers sont multiples mais nous en retiendrons quatre :
1° - Cette mesure serait injuste car elle ne frapperait pas les plus grandes fortunes, contrairement à ce que l’on pourrait imaginer. Le goût de collectionner n’est pas l’apanage des riches. Les professionnels que nous sommes rencontrent des collectionneurs passionnés dont les moyens sont modestes et, à l’inverse, des gens très fortunés pour qui l’art n’existe pas.
2° - Une telle mesure serait un obstacle à l’enrichissement du patrimoine artistique national car elle aboutirait nécessairement à la fuite des œuvres et à la disparition des collectionneurs. Or, les collections publiques n’ont à peu près aucun autre moyen de s’enrichir que les dations, les donations et le mécénat provenant du privé. De plus, les expositions temporaires prestigieuses qui attirent dans notre pays les amateurs du monde entier seraient privées des œuvres prêtées par les particuliers, en raison du climat d’inquisition ainsi créé.
3° - Le renouveau de la scène artistique française, constaté depuis quelques années, serait arrêté et nous assisterions à la fuite des talents.
4° - A très court terme, la puissance économique créée par nos métiers s’affaiblirait et d’importants dommages collatéraux frapperaient toutes les professions connexes: restaurateurs, encadreurs, imprimeurs, photographes, transporteurs, assureurs, etc…
Cette discussion récurrente et négative, ISF et œuvres d’art, déstabilise suffisamment le marché. Messieurs les législateurs, pensez au rayonnement culturel de la France !
Patrick Bongers Christian Deydier Hervé Chayette
Comité Professionnel des Galeries d’Art Syndicat National des Antiquaires SYMEV
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