Conférences 2010

Le 28 janvier 2010, à 18h30

ÉMILE DECOEUR (1876-1971), UN CERAMISTE MODERNE

Par Michel Giraud, Antiquaire, adhérent du SNA

Certainement l’un des plus grands céramistes du XXe siècle par l’absolue perfection esthétique et technique à laquelle il a porté son art, Emile Decoeur reste avant tout un homme de l’expérience. Refusant l’intervention du hasard, il a fait de chacune de ses oeuvres l’aboutissement d’une recherche. Se réclamant de la démarche de Bernard Palissy, infatigable découvreur et fondateur de la céramique moderne, Decoeur maintient son oeuvre dans une permanente évolution.
Sensible aux influences japonaises, dans la lignée de Carriès et de Chaplet, Decoeur s’illustre d’abord au sein du style Art nouveau. Après d’étonnantes expérimentations sur le décor durant les années 1910, le céramiste continue de se renouveler au cours des années 20 et 30 et devient l’un des plus brillants représentants de la sobre splendeur de l’Art déco.
Actif jusqu’à sa mort discrète en 1953, Emile Decoeur reste une figure exemplaire et tutélaire pour nombre de grands céramistes contemporains : Jean Girel, Bernard Dejonghe ou Kristin McKirdy reconnaissent ou revendiquent son influence.

Le 26 mai 2010, à 18h30

UN SIECLE D'OR DU BRONZE (1830-1930)

Par Alain Richarme, Antiquaire, adhérent du SNA

La période qui commence dans les années 1830 avec la petite sculpture d'édition et les bronzes de Barye et qui s'achève un siècle plus tard avec la fermeture de la Galerie Hébrard est pour le bronze un âge d'or, fait d'émulation et de recherche de perfection.
Les principaux sculpteurs (Barye, Carpeaux, Rodin.) qui éditèrent eux-mêmes leurs oeuvres, et les meilleurs éditeurs (Barbedienne, Susse, Siot- Decauville et Hébrard) fondeurs de non moins grands artistes comme Bugatti, Degas et Pompon ont contribué à porter à leur sommet les deux techniques de fonte, fonte au sable et fonte à la cire perdue.
Quels sont les avantages et les inconvénients des deux techniques parfois perçues comme rivales à la fin du XIXe siècle, leurs spécificités et leurs utilisations respectives durant ce Siècle d'Or, voici les thèmes abordés par cette étude.

Le 17 juin 2010, à 18h30

JULIE MANET, UNE ENFANCE IMPRESSIONISTE

Par Jane Roberts, adhérente de la CNE

« J' ai souvent eu envie de faire mon journal, je compte le commencer maintenant. Il me semble qu'il est un peu tard mais plus j'attendrai plus il est tard et après tout, je n'ai que quatorze ans » ainsi débute le journal de Julie Manet (1878-1966), fille unique de Berthe Morisot et d'Eugène Manet, frère du peintre Edouard Manet.
Avec un talent d'observatrice très aigu et parfois espiègle, Julie nous fait vivre l'intimité quotidienne des peintres, écrivains et musiciens de l'époque. Après la mort de ses parents, Mallarmé fut son tuteur mais Renoir, Degas, Monet et Pissarro pour ne citer qu'eux, furent aussi des familiers et elle les laisse parler avec affection et humour au fil des pages.
Ce texte essentiel de l'impressionnisme n'est malheureusement plus disponible en librairie depuis 1987. Jane Roberts qui avait traduit, annoté et publié ce journal vous fera revivre cette époque grâce à des documents et les tableaux aussi bien de Julie elle-même que de tout son cercle.
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Le 21 octobre 2010, à 18h30

L'ACADEMIE FRANÇAISE AU FIL DES LETTRES

Par Thierry Bodin, Expert en manuscrits et lettres autographes


A l'occasion de la publication du livre de Philippe de Flers et Thierry Bodin, L'Académie française au fil des lettres (coédition Gallimard/Musée des lettres et manuscrits), et de l'exposition qui se tient sous le même titre au Musée des lettres et manuscrits jusqu'au 15 novembre, Thierry Bodin va retracer l'histoire d'une prodigieuse collection de lettres et manuscrits autographes rassemblée sur près de deux siècles par six générations des marquis de Flers autour du thème de l'Académie française, depuis sa fondation en 1635 jusqu'à nos jours.
Cette collection de plus de sept mille documents, quasiment exhaustive, ne se veut pas une simple accumulation de signatures d'académiciens ; elle est en fait une chronique vivante de l'institution, de ses travaux et de ses traditions, ainsi que des crises et querelles qui ont marqué son existence, mais aussi des tentatives manquées de bien des grands écrivains pour entrer sous la Coupole, et des violentes attaques et polémiques qu'elle a suscitées.
Elle rappelle enfin, au travers de lettres ou manuscrits amusants ou pathétiques, que ces académiciens sont des êtres humains livrés aux passions, aux humeurs et aux tracas ou aux drames de l'existence. C'est ce qui fait tout l'attrait d'une collection d'autographes : comme l'écrivait Vigny, "les lettres vivent, les lettres parlent".
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